« Rentrer, c’est mourir un peu »


IMG_20140711_141843
(Oui, à l’origine, c’est « Partir, c’est mourir un peu ». De… de… ? Réponse en fin de billet, bande de cancres !)

Pour Elliot.

Ce matin, des centaines d’enfants bien coiffés, aux paupières et au cœur lourds ont claqué la portière d’une voiture garée en double file. Sans pourtant tenir la main de leurs parents, ils ont trotté vers la porte rosâtre de leur salle de classe, décorée d’un poster « l’Ecole des loisirs », avec une chouette dessinée par Tomi Ungerer (qui tient un bouquin depuis 1982).

Ils se sont assis, et ils ont écouté leur instit’ leur souhaiter la bienvenue.

« C’est la rentrée les petits amis ! Il vous faut désormais rester concentré des heures sur des documents et des exercices fallacieux ! Il faut oublier la chasse aux sauterelles et aux alevins ! Les courses dans les champs les yeux clos ! La nuit des étoiles et leurs vœux immenses… »

Et puis ça va suivre son cours. Enfin, eux, ils vont suivre des cours…

Pourtant, une fois passé du côté adulte, et ce malgré l’absence de la porte rétro-vers-le-futur, la rentrée reste un concept très très important… Tu le sens déjà quand tu ranges tes tongs aux traces de calanques avec un trac gros comme ça. Il semblerait qu’on soit assez uniques, en France, avec ce terme de « rentrée ». On a un terme dédié, au retour de l’été. On ne l’a pas chez les anglo-saxons qui parlent, eux, de « début du semestre d’automne ».

Et ce concept, on continue longtemps à l’utiliser, à le choyer, en rongeant son frein, en amadouant les changements de temps avec de piètres compensations, comme encore contraint par la sacro-sainte rentrée des classes. Résolutions, vêtements de demi-saison, nouvelles passions, tout est bon.

Quand on la sent arriver, la rentrée, on l’apprivoise avec des achats régressifs – carnets de voyage qu’on remplira d’aquarelles naïves à la retraite, intercalaires estampillés par un illustrateur en vogue (qui serviront à classer les déclarations d’impôts), et même pour se détendre un chouïa, on se chope au vol un J’aime Lire en ne lisant, comme avant, que le Tom-Tom et Nana à la fin.

Et on garde quand même un blues léger. Comme à la fin d’un beau et rare dimanche, comme à l’ultime note du générique de Ça Cartoon. Pourtant, on est libre de faire de septembre ce que bon nous semble.

C’est tout donc sur le concept de rentrée comme nouvelle vie parallèle, espace idéal, élan viral. Et ne me lancez pas sur le premier de l’an.

BEAU SEPTEMBRE A TOUS LES RAGONDINS et aux petits loups qui aujourd’hui ont cru que c’était la fin du monde. Rassure-toi, petit, ce n’est que le début.

IMG_20140629_020643

 

« Partir, c’est mourir un peu », extrait du Rondel (!) de l’adieu d’Edmond Haraucourt. #cultureG

— Marie G.

Partage donc ce billet avec autrui


Les commentaires sont fermés.

Lire les articles précédents :
baywatch_boardgame
Le maître-nageur

What I think about when I think about what you do #1   Inexplicablement, certaines professions suscitent chez moi un...

Fermer