Micro-micro-trottoir de la Sacro-Sainte-Valentin #2

12647335_10153221176837181_7682492561308838995_n

Parce que la Saint-Valentin était hier, mais qu’on en a pas assez parlé, encore.

Parce que « l’amour » est une question qui taraude perpétuellement nos petits coeurs toujours étonnés de le perdre ou de le retrouver…

Pourquoi une clémentine ? Pour le mythe d’Androgyne, de Platon. Mon prof de philo avait passé quelques heures interminables à tenter de nous expliquer les concepts de nature et culture, et soudain, en passant à l’amour… on s’était tus. Nous, la classe de littéraires gonflés de certitudes, insolents, rêveurs, irrévérencieux : on l’avait écouté parler de ces êtres, comme « d’énormes oranges » à huit bras (whaaaat ?), hermaphrodites, soudain séparés en deux par un Zeus démiurge, furieux de voir ces êtres lorgner sur son royaume.

Un mythe, pour expliquer l’inexplicable. (Extrait ici)

 

Comment sait-on qu’on aime ? C’est pareil pour tout le monde ou pas ? C’est comment pour toi ?
J’ai posé la question à trois gentils hères amoureux (ou pas) qui ont accepté de me répondre.

Aline, chauffeur de bus (le 58, d’ailleurs), yeux bleus perçants, sourire timide, voix rauque : « Je sais que je suis amoureuse de lui parce que je me sens vraiment mieux quand il est là que quand il est pas là ».

Anastas, chauffeur chez Uber, calme et pondéré, regard brun pétillant dans le rétro : « J’ai été amoureux qu’une fois. Je sais plus qui a dit : « Quand on aime quelqu’un pour son argent, c’est qu’on est intéressé. Quand on aime quelqu’un pour son physique, c’est qu’on est superficiel. Quand on aime quelqu’un sans raison, c’est qu’on l’aime vraiment. » Je n’ai ressenti ça qu’une fois, mais c’est vraiment comme ça que je l’ai su. »

Melinda, institutrice, vive et spontanée, crinière brune, l’oeil malicieux, me sort avec une belle emphase – et une telle pudeur en même temps : « Quand je suis avec lui, je me sens complète ».

 

Oranges coupées en deux et cherchant leur moitié, rêveurs éveillés, explications à base de capital génétique, qui encore une fois complèterait celui de l’autre… Le mystère reste entier.

Finissons d’enfoncer des portes ouvertes sur cette citation de Hook, de Spielberg, qui évoque le Peter Pan de James M. Barrie, sans vraiment en avoir vraiment l’effrayante mélancolie : « Tu connais cet endroit entre le sommeil et l’éveil, cet endroit où tu te souviens encore que tu peux rêver? C’est exactement je t’aimerai toujours. »

Ce moment sans conscience, où tout est blanc, possible, où tout est comme immaculé. Un moment pour aimer. Sinon, on peut toujours rêver.

<3

— Marie G.

Partage donc ce billet avec autrui


Les commentaires sont fermés.

Lire les articles précédents :
Knacki balls et grosses berthas

  Bonne année 2016 ! Comme ça rime avec un mot très usité parmi les jeunes et les moins jeunes...

Fermer