Anges, démons et brosses à dents

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 Pour débuter l’année sur les chapeaux de roues, ou plutôt sur le fil du rasoir, des anges, des démons, et… des brosses à dents.
Avec la complicité de J.H.

(Suite de la série 10 fois 7 mots – inclus ici, « menotte(s)» !)


Dans la vie, il y a des instants symboliques qui ne trompent pas. C’est rare, mais en un clin d’œil, tout est clair. Quand on flashe sur un renard de dessin animé à 6 ans ½, quand on comprend que les choux de Bruxelles, c’est une invention du diable, ou quand on sait que non, on n’a pas de mouchoir, qu’on a un entretien d’embauche dans 10 minutes et qu’on sent ses muqueuses s’humidifier lentement.

Oui, beaucoup d’instants miraculeux surviennent, où l’esprit d’analyse, ou son jumeau maléfique, le « coup de cœur » sont souverains (ouais, je crois à la théorie du cerveau triunique). Notons que l’un n’est pas compatible avec l’autre et que dans certains cas, la baston intérieure est inévitable. C’est le cas pendant les fêtes de fin d’année dans de nombreuses maisonnées joyeuses et pleines de cholestérol.

Dans ces moments-là, pardonnez cette image issue de siècles de judéo-christianisme galopant, il y a des tas de petits anges et de petits démons sur les épaules des fêtards.

«- Cette bûche mandarine –chocolat est faite maison par ma belle-sœur et mon frère, c’est que du bon, c’est pas un crime d’en reprendre une 4e part… »
Et l’ange de rétorquer :
– C’est pas toi qui dois rentrer dans cette mini-robe au jour de l’An ? »…

C’est également le cas face à un objet de désir entrant dans une des catégories décrites par Bridget Jones dans le roman presque éponyme : « alcooliques, travailleurs forcenés, allergiques à l’engagement, hommes mariés ou non disponibles, misogynes, mégalomanes, bavards impénitents ou salopards, pervers ».
L’ange parle, mais le diable est déjà mentalement en train de lui passer les menottes. Force est de constater que l’on s’ennuie parfois, à trop écouter les anges.

Et puis, il y a ces instants qui n’entrent dans aucune catégorie, des moments ou le cerveau se bloque. Par exemple lorsqu’un soir, après une période de côtoiement plus ou moins longue, on découvre deux brosses à dents dans un gobelet (bleu) pourtant anodin.

On peut entendre l’ange et le démon, dans un silence tonitruant, se regarder, la mâchoire pendante.
Car qui peut vraiment saisir le sens profond de la proximité de ces deux objets, à part eux-mêmes ? Comme dans le cas du chat de Schrödinger, seul l’observateur est responsable du sens donné au mystère : soit la présence du double objet – enfin, du deuxième – est réellement signifiante, mais quid de la relation de ses propriétaires ? – soit les objets sont dénués de sens et l’esprit pratique les domine, et dans ce cas, tout le soufflé mental retombe lentement, avec la peur et la magie qui avaient soudain habité les deux objets.

Une chose est certaine : 3 minutes matin et soir, c’est la clé de toutes les relations réussies.

Edit : je ne fais pas de pub pour la marque « Avril ». Je ne suis pas une blogueuse mode. J’aime bien la couleur du tube et le fait que ce soit bio. C’est tout.

 

— Marie G.

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